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Ruée vers l’or physique aux Etats-Unis ?

Après une année 2024 exceptionnelle, 2025 semble confirmer le statut de l’or comme valeur refuge par excellence dans un contexte économique et géopolitique incertain. Mais quelles sont les raisons de cette envolée continue ?

L’évolution du cours de l’or en 2025

Le métal jaune inscrit déjà de nouveaux records en 2025 après une année 2024 exceptionnelle.

L’or libellé en euros a déjà gagné +10% en 2025 après ses +35% de 2024 !

Sur le graphique en journalier ci-dessous (chaque chandelle représente une journée), nous observons une consolidation à court terme après une série de nouveaux records qui a culminé à 2856 €/once, le 11 février 2025.

Source: Tradingview

J’aimerais voir l’or prendre le temps de consolider pour bien digérer cette hausse phénoménale, surtout compte tenu du contexte de sur-achat à long terme (un RSI de 90 en mensuel).

Mais le contexte global est très incertain, avec des bouleversements qui commencent à se concrétiser… et le métal jaune adore l’incertitude.

En dollars US, l’or approche la barre psychologique des 3000 $/once. Cela pourrait servir de niveau de résistance.

 

Pourquoi l’or continue de battre des records après 2024 ?

La dynamique haussière de l’or n’est pas nouvelle, mais elle s’est accélérée avec l’investiture de Donald Trump.

Plusieurs facteurs expliquent cette performance exceptionnelle en 2025, qui s’appuie sur les fondations solides posées en 2024.

Tout d’abord, l’inflation remonte dans la zone euro.

Source: Trading Economics – Inflation Zone euro

 

Cette reprise de l’inflation correspond, comme on pouvait s’y attendre, à la baisse des taux d’intérêt de la BCE.

 

Source: Trading Economics – Taux d’intérêt BCE

 

Du côté de la Réserve fédérale américaine, la tendance est la même. L’inflation y est même déjà à 3% en janvier 2025.

Ensuite, les tensions géopolitiques continuent de jouer un rôle clé.

Les menaces de guerre commerciale, avec des droits de douane accrus sur divers produits importés aux États-Unis, ont ravivé l’aversion au risque.

Les investisseurs cherchent des valeurs sûres, et l’or, avec sa réputation de refuge en temps de crise, répond parfaitement à ce besoin.

Par ailleurs, la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et leurs discussions sur une possible alternative au dollar dans les échanges internationaux renforcent l’idée que l’or pourrait redevenir une référence monétaire, ce qui dope la demande.

En effet, les sanctions imposées à la Russie avec la guerre en Ukraine, et le gel de 300 milliards de dollars de réserves, ont renforcé cette volonté. 

Elles ont mis en lumière le risque pour les pays dépendants du dollar de voir leurs actifs bloqués ou leur accès au système financier international (comme SWIFT) limité. 

Par conséquent, les BRICS cherchent à contourner cette domination en favorisant des alternatives.

Les banques centrales continuent d’accumuler de l’or pour diversifier leurs portefeuilles

L’année dernière, les achats des banques centrales ont dépassé les 1 000 tonnes pour la troisième année consécutive, avec une forte accélération au quatrième trimestre (333 tonnes), ce qui porte le total annuel net à 1 045 tonnes, selon les dernières données du World Gold Council. 

La Banque nationale de Pologne a mené la charge, ajoutant 90 tonnes à ses réserves d’or l’année dernière, mais la demande est venue d’un large éventail de banques des marchés émergents.

 

 

En parallèle, les particuliers, notamment en Chine et en Inde, maintiennent une forte appétence pour le métal jaune, que ce soit sous forme de bijoux ou d’investissements. 

Cette combinaison de facteurs – inflation, géopolitique et demande physique – crée un environnement idéal pour la poursuite de la hausse du cours de l’or en 2025.

 

Les stocks d’or de la Banque d’Angleterre sous les projecteurs

Un phénomène notable en ce début d’année 2025 est l’attention portée aux stocks d’or détenus par la Banque d’Angleterre (BoE). 

Cette institution, la deuxième plus ancienne banque centrale au monde créée en 1694, stocke non seulement les réserves d’or du Royaume-Uni, mais aussi celles de nombreux autres pays et institutions financières internationales dans ses coffres à Londres.

Des rapports indiquent une augmentation significative des demandes de retrait d’or physique, accompagnée de délais inhabituellement longs – jusqu’à huit semaines selon certaines sources – pour honorer ces requêtes.

 

Pourquoi cet intérêt soudain ?

D’après la version officielle, la réponse réside en partie dans les opportunités d’arbitrage à cause de l’écart de prix entre les marchés de l’or britannique et américain.

Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, les craintes d’une hausse des droits de douane sur les métaux précieux importés aux États-Unis auraient poussé les investisseurs et les institutions à rapatrier ou à transférer leur or vers des marchés jugés plus stables ou stratégiques, comme le COMEX à New York.

Pourtant, Trump n’a jamais rien confirmé en ce sens.

En tout cas, la Banque d’Angleterre, qui supervise une partie importante du London Bullion Market Association (LBMA), principal marché mondial de l’or physique, se retrouve sous pression pour répondre à une demande accrue de livraisons physiques.

Cette situation a également ravivé les spéculations sur la quantité réelle d’or disponible dans les coffres de la BoE. 

De nombreux analystes estiment que les stocks d’or “papier” (contrats à terme ou ETF non adossés à de l’or physique) dépassent largement l’or physique réellement présent. 

Sans pouvoir déterminer le ratio or papier/or physique avec précision compte tenu de la nature opaque du marché, certains évoquent un ratio entre 100:1 et plus de 200:1.

Pour un ratio de 100:1, cela signifie qu’il existe une once d’or physique pour cent certificats papier, soit que 100 personnes pensent tous posséder la même once d’or physique.

En réalité, peu importe le ratio exact.

On réalise bien le problème qui se posera quand la confiance se détériorera au point où trop de détenteurs d’or papier demanderont la livraison du métal physique pour réaliser avec horreur qu’ils ne possèdent pas d’or physique.

Quand cela arrivera, ce sera la panique et le prix explosera.

Mieux vaut avoir pris position avant.

 

Le COMEX ou la ruée vers l’or aux Etats-Unis

Le COMEX (Commodity Exchange), basé à New York et géré par le CME Group, est le principal marché mondial des contrats à terme sur l’or. 

Depuis le début de 2025, il connaît une augmentation spectaculaire des livraisons physiques, une tendance qui avait déjà commencé à se dessiner après la victoire électorale de Trump en novembre 2024. 

Les stocks d’or du COMEX ont bondi, avec des rapports indiquant une hausse de plus de 100 tonnes en février 2025, après une augmentation de 290 tonnes en janvier.

 

Source: Financial Times

 

Ce mouvement s’expliquerait par plusieurs raisons. 

Premièrement, les investisseurs américains, anticipant des perturbations économiques potentielles dues aux politiques protectionnistes de Trump, préfèrent détenir leur or sur le sol national plutôt que de le laisser à Londres ou ailleurs. 

Deuxièmement, la forte demande de livraison physique découle d’une méfiance croissante envers les contrats à terme papier. 

En réalité, au-delà des droits de douane ou de l’arbitrage entre Londres et New York, c’est sans doute le début d’une prise de conscience de ce ratio entre or papier et or physique.

Et si cet or devait servir à renflouer Fort Knox avant l’audit de réserves ?

 

Conclusion : un bel avenir pour l’or ?

En ce début 2025, l’or continue de briller comme jamais, porté par une conjonction de facteurs économiques, géopolitiques et structurels. 

Après une année 2024 déjà historique, le métal jaune semble bien parti pour établir de nouveaux records, avec un cours qui reflète à la fois la peur des investisseurs et leur quête de sécurité. 

Les stocks de la Banque d’Angleterre, sous pression face à une demande physique croissante, et les transferts d’or vers le COMEX illustrent un marché en pleine mutation, où les États-Unis tentent de reprendre une place centrale face à la Chine.

Si les incertitudes persistent, une chose est sûre : l’or reste, plus que jamais, un baromètre fiable des tensions mondiales et un actif incontournable pour les années à venir.

Attention, à court terme, une correction est toujours possible, voire souhaitable, pour digérer proprement une hausse importante.

Mais peu de portefeuilles contiennent de l’or physique malgré les performances et une situation mondiale impossible à résoudre sans douleur.

L’or reste donc bel et bien un actif incontournable.

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